Interviews

Dimanche 13 septembre 2009




 

 

Je l’avoue, j’ai été bluffée…

 

Le nudité - Pratiques et significations (Editions du Cygne) est un essai passionnant, riche d’illustrations et d'exemples issus de l’Histoire et de la culture que je n’ose plus écrire universelle, à l’écriture lisse et au raisonnement sans faille, où l’on découvre une nudité complexe et protéiforme, allant de l’affirmation au don, en passant par l’humiliation et la plus part du temps mélangeant plusieurs de ces significations, où l’amour et la peur, la vie et la mort en sont les temps forts.

 

De la préhistoire à nos jours et aux quatre coins du monde, on se rend compte que la nudité ne devrait s’écrire qu’au pluriel bien que le nu soit universel. 175 pages que l’on dévore, un totem sans tabou !

 

LC : La définition de la nudité est-elle modifiée d'un point de vue occidental et universel avec la problématique de la burka ?

 

Christophe Colera : Chaque culture a sa définition de la nudité. Au Moyen-Age être nu peut signifier simplement qu’on est en chemise, comme chez les Romains de l’Antiquité le mot « nu » pouvait s’appliquer à un guerrier sans arme. Le mot peut donc être très extensif et désigner parfois tout accoutrement ou tout équipement inapproprié à une circonstance donnée. Mais généralement le cœur de sa définition a toujours un rapport avec le dévoilement de parties du corps qui devaient rester cachées.
C’est vrai que le renouveau « postcolonial » de la culture islamique fait découvrir aux Occidentaux que des formes de nudités qu’ils croyaient anodines comme celle des cheveux peuvent être jugées par certains aussi choquantes que pour un chrétien celle des seins ou des parties génitales. Pourtant le tabou des cheveux de la femme exposés en public appartient à une sorte de fond commun de la culture méditerranéenne antique, dont par exemple Saint Paul s’était fait l’écho dans ses prescriptions sur le voile des jeunes filles. La burqa et le niqab révèlent aux Occidentaux que même la nudité du visage féminin dans certaines cultures peut poser problème, mais là encore ce n’est pas si nouveau que cela.
Les circonstances où la femme doit voiler son visage sont fréquentes dans diverses civilisations depuis des millénaires. Par exemple l’universitaire Lloyd Llewellyn-Jones a récemment rappelé que, dans la Grèce antique, il y avait toute une gamme de voiles pour femmes y compris pour le visage. C’est le corollaire de l’érotisation du corps entier de la femme après la dissimulation de la vulve dans la station verticale. Toute partie du corps de la femme peut susciter le désir. Et donc la volonté de protection et d’autoprotection des femmes (car elle peut aussi émaner de leur volonté) peut aller jusqu’au voile intégral.

 

 

LC : Cela me gêne que tu parles d’autoprotection et volonté propre pour des femmes évoluant dans une société qui les considère comme d’éternelles mineures légales et qui les assujettit aux hommes de manière évidente… Quelle est la valeur de cette autodétermination ?


Christophe Colera :
Tu as en partie raison. Dans de nombreux cas (par exemple dans les secteurs ruraux de la société afghane pachtoune), le voile intégral est simplement imposé de manière autoritaire et patriarcale par les hommes. Mais il y a aussi des cas (notamment chez les Musulmanes d’Europe) où le voile intégral est délibérément choisi pour refuser le consumérisme sexuel et la compétition pour la beauté en vogue en Occident. C’est pourquoi je distinguais protection et autoprotection. L’anthropologie doit prendre acte de ces divers cas de figure sans les juger.

 


 


LC : La nudité est consubstantielle de la peau, son organe premier si je puis dire. Comment considérer dès lors les "violences esthétiques" telles que les tatouages, piercings, les scarifications ? Quelles sont leurs significations du point de vue de la nudité et des quatre types de nudité que tu as mises en évidence ?

 

Christophe Colera : Ces pratiques constituent un véritable « travail » sur la peau. Un travail artistique, comme le maquillage d’ailleurs. On pourrait considérer ça, comme une « couche » de culture posée sur la peau. Une couche non-vestimentaire. L’utilisation de la peau comme un support de création sur lequel on peint, on écrit, on grave. Ces pratiques sont culturelles au sens où leur niveau d’élaboration ne répond pas à un besoin purement fonctionnel (la peau vit très bien sans tatouages), mais pas au sens où on devrait les opposer à la nature, car s’enduire le corps de boue ou de poussière fait partie des pratiques animales les plus répandues, donc ce « travail » sur la peau existe chez de nombreux grands mammifères, même à une niveau très sommaire.
Il semble que le tatouage ou la scarification aient été la règle dans les sociétés du paléolithique et du néolithique. On peut se demander pourquoi cela a tendu à disparaître dans de nombreuses sociétés « vêtues ». Chez les chasseurs-cueilleurs ces pratiques ornaient la nudité, et même la cachaient d’une certaine façon. Il semble qu’aujourd’hui elles visent à la mettre en valeur. Dans cette mesure, elles entrent dans ce que j’appelle la « nudité-affirmation », c’est une puissance individuelle qui cherche à s’affirmer dans un corps nu orné d’un tatouage. Mais dans la mesure où l’humain peut combiner diverses significations, parfois même les plus antagonistes, dans une même action, les tatouages et scarifications peuvent aussi relever d’un autre idéal-type, celui de la « nudité-humiliation ». On peut en quelque sorte s’humilier par l’exhibition de sa nudité, et ajouter à cette humiliation une scarification particulièrement douloureuse. Mais surtout on peut humilier autrui de cette façon, comme il était d’usage dans les marchés d’esclaves de l’Empire romain par exemple, où l’esclave, montré entièrement nu, portait sur l’épiderme la marque de son propriétaire.


 LC : Donc finalement le caractère « violent » de ces actes à l’agard du corps ne serait qu’une conséquence et non une fin en soi. De mon côté, j’y discernais, outre l’évident degré de transgression et d’affirmation de soi (à la fois positif et négatif), quelque chose de beaucoup plus ambivalent, entre l'ésthétique et la mort, la douleur et le plaisir...

Christophe Colera : Que les gens qui se mutilent ou se scarifient investissent dans cette expérience une dimension quasi-initiatique qui met en jeu le lien consubstantiel entre vie et mort, création-destruction, plaisir-souffrance, cette affirmation par la négation, la proximité des pôles contradictoires qu’a explorée Georges Bataille, qu’ils veuillent éprouver dans cette humiliation de la chair sa sublimation, sa sanctification aurait-on dit autrefois c’est très probable, du moins dans notre Occident encore marquée par le christianisme, bien plus qu’il ne le croit. Mais c’est là le constat qu’on peut faire, si tu veux, du point de vue de l’action « en train de se réaliser ». Du point de vue du résultat, en revanche, qui est la marque sur l’épiderme, on a une nudité transformée en texte, comme par le tatouage, et donc sa signification et sa valeur affirmative peut être ré-haussée aux yeux de la société par l’épreuve que le sujet s’est infligé. Tout dépend bien sûr ensuite du code culturel dans lequel la marque est saisie. Dans beaucoup de milieux la scarification, surtout si elle s’est effectuée sans conformité avec les canons esthétiques de la communauté, peut passer tout simplement pour révoltante et valoir à son auteur une exclusion complète du groupe, même dans des sociétés relativement individualistes comme la nôtre. Le tatouage aussi d’ailleurs.

 

 


LC : Comment interprètes-tu la dimension contemporaine de la nudité qui  tend à vouloir aller toujours plus loin, toujours au plus près, et qui privilégie le gros plan chirurgical dans le porno par exemple ?

 

Christophe Colera :  Il y a plusieurs dimensions là-dedans. Bien sûr il y a le fait que le regard du spectateur occidental du 20ème siècle (et, avec des nuances, du consommateur de médias occidentaux partout dans le monde) s’est habitué à la nudité, tout en gardant un arrière plan chrétien de fascination pour elle (l’origine de l’humanité, Adam et Eve, l’innocence). Du coup, il faut cerner la nudité de « plus près » pour entretenir l’excitation. D’où les gros plans. Déjà dans les années 60 les lecteurs des revues coquines aux Etats-Unis, un peu blasés, leur écrivaient pour pouvoir mieux voir les anus des filles.
C’est une course à la transgression, qui se double d’une seconde dimension que ceux qui s’intéressent à la neurologie commencent à peine à explorer : le trouble que la vue d’organes en gros plan provoque dans la perception qu’il a de son propre corps. Ce sont des sortes de « parasitages » des fonctions cérébrales que l’on connaît assez mal mais qui contribueraient au succès du hard core. Il faut voir que la peau n’est pas seulement un rempart, mais aussi un organe charnière qui à la fois reçoit des apports extérieurs (l’eau, le vent, les brûlures, les caresses, les coups etc), mais aussi « exprime » quelque chose de l’état intérieur du corps.
Du coup le souci pour ce qui se passe à la surface de la peau, peut aussi inviter à vouloir « percer » cette enveloppe de l’individualité, pour aller voir ce qu’il se passe en dessous, tout en sachant que cette pulsion scopique qui pousse à vouloir voir au-delà de la peau entraîne la mort de l’individu. Il existe une littérature maculine chrétienne médiévale sur ce qu’est la femme « sous la peau ». Georges Didi-Huberman a avancé l’hypothèse que cette thématique était présente à l’arrière plan de toute la peinture de Botticelli à la Renaissance, y compris de ses Vénus les plus pures. Et elle trouve sa réalisation explicite chez Sade, ou dans les éventrations après le viol auxquels les guerres donnent parfois lieu. Les gros plans sur les vagins lèvres écartées ou sur les anus sont à l’intersection du besoin de nudité de la peau que ressent le spectateur et de la recherche du « plus nu que le nu », du nu « de l’intérieur ». Comme si l’objet de son fantasme n’était jamais assez nu. Parce que le plaisir de la dénudation l’emporte sur la nudité elle-même.
Le fait que tout soit concentré dans la vision, sans trop d’exutoires tactiles, contribue peut-être à cette logique de la surenchère. Mais c’est un phénomène qui est aussi lié aux ambiguïtés du « don » que constitue la nudité (et spécialement la nudité féminine d’ailleurs) : parce que ce qui se donne dans la nudité, dans l’effeuillage du corps, se présente toujours comme une promesse non tenue. Ce qui s’annonce excède toujours ce qui s’obtient in fine. Cela peut aussi expliquer une volonté de compenser la frustration en allant « toujours plus loin ». En ce sens la phrase de Flaubert - « la contemplation d'une femme nue me fait rêver à son squelette » - prononcée sur un ton mélancolique et morbide, fonctionne peut-être sur un mode plus conquérant chez beaucoup d’hommes, plus positif en somme dans l’inconscient du spectateur frustré. On a ça chez Nabokov quand son héros amoureux voudrait retourner Lolita comme un gant pour avoir ses organes à l’extérieur. Evidemment on parle là du porno et de la dénudation vus par les hommes. Le point de vue féminin là-dessus est peut-être différent, et, en tout cas, moins bien connu, moins documenté dans la littérature.


 


LC : Je suis curieuse de connaître ton point de vue sur la récente expo chinoise de sculptures réalisée à partir de cadavres humains. Plus nu que le nu. Quelle signification de la nudité, de l'intégrité de la personne et de la pudeur dans ce cas particulier ?

Christophe Colera : Dans la mesure où ce sont des écorchés il y a là aussi, comme dans les gros plans du X, la volonté de poursuivre la conquête de la nudité au-delà de l’épiderme. Et donc dans la mort de l’objet regardé puisque nul ne peut vivre sans sa peau. Mais cette volonté de connaître, de voir, et de posséder par le regard, heurte de front le tabou universel du respect des morts, dont Pascal Boyer a montré qu’il s’enracine dans une programmation cérébrale de l’homo sapiens qui lui fait à la fois aimer le souvenir de l’être qui lui était cher et ressentir comme insupportable sa présence à l’état cadavérique (programmation paradoxale, conflictuelle, dont l’homo sapiens et le néanderthalien ont dépassé les contradictions par les rituels funéraires et le deuil). La violation du tabou, qui obéit peut-être à une logique purement commerciale, provoque un trouble bien compréhensible. Mais il est intéressant de voir qu’elle n’est pas la première du genre. Par exemple les kukukuku en Papouasie vivent encore avec les cadavres fumés de leurs morts qu’ils exposent partiellement nus dans leurs huttes. Cette mise en scène de la nudité cadavérique a le mérite de mettre au jour les ambivalences de la nudité (ce que Freud appelait Eros et Thanatos, mais ce n’est pas un vocabulaire très adéquat ici), sa face obscure refoulée par notre société, comme est souvent refoulé, d’une manière générale ; dans le discours dominant tout ce qui rattache la nudité à la saleté, à la laideur, à la faiblesse, à la fragilité.

 

LC : Merci Christophe pour cet entretien tout aussi limpide et passionnant que ton ouvrage !



 




Christophe Colera, né en 1970, est docteur en sociologie, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, et titulaire d’une maîtrise de philosophie. Il a écrit en 2004 "Individualité et subjectivité chez Nietzsche" (L'Harmattan) puis plusieurs articles en rapport avec la construction sociale de la subjectivité. Sous pseudonyme, il a aussi publié divers essais et récits, ainsi qu'un roman. Il défend une conception "moniste" de l'humanité qui réconcilie l'anthropologie naturelle et l'angle d'approche des "sciences humaines".

 

 

Par Lili Castille
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Samedi 16 mai 2009

 

 








Ewa, tu es une femme multiculturelle, pluridisciplinaire, profondément humaniste  et finalement un peu globe trotteuse malgré toi… De toutes tes expériences culturellogéographicohumaines, c’est très fortement l’aventure new-yorkaise qui t’a le plus positivement marquée.


J’étais présente au vernissage de ton exposition « glittering shards »  de l’été 2005 au Chelsea Art Museum de New York, où j’ai découvert ton regard tolérant, intelligent et attendri sur les newyorkais et de beaux clichés sur papier glacé qui enferment l’âme d’un moment, d’une odeur ou une expression… Ton travail a récemment évolué vers une plus grande scénarisation de l’espace, une vision plus ouverte aux non-personnages. J’aime beaucoup ce nouvel univers, alliant empathie, proximité et graphisme… C’est comme si après avoir cherché les newyorkais, ton regard venait de découvrir ce qui les entoure : New York. Merci pour ces clichés vivants, ces petits rectangles dont on oublie les limites et imagine qu’en les grattant du bout de l’ongle il s’en exhalerait un effluve de macadam chaud ou un courant d’air sentant la friture…

 

 

 


N
ETWORK
  E
NDURANCE

    WALL STREET


 

 



    
YES
        O
UTSTANDING
 RUN
 
  KNACK







              
COME
   I
NNOVANT

  TOWERS 
      YELLOW CAB

 



 




LC : Une rue ?

Ewa Burman Di Bernardo :
Plus
qu'une rue je choisirais Bryant Park ; c’est un espace de nature urbaine et apprivoisée comme je les aime ! A peine plus grand qu'un terrain de foot, entouré d'arbres et de la NY public library, il est recouvert d'une pelouse qu'on peut piétiner tranquillement, de tables, sièges, et free WiFi. J'aime m'y allonger les soirs d'éte', quand il y a des films en plain air, et regarder les avions dans la nuit avec dans les oreilles les voix des années 40 des acteurs.




 





L.C :
Une scène ?

Ewa Burman Di Bernardo : Tompkins Square Park, un coin pour les enfants, des balançoires. Une  tràs jeune femme voilée de noir tient dans les bras un enfant elle en pousse un autre sur la balançoire.

Je lui propose de l’aider, pour permettre aux deux enfants de faire de la balançoire. Elle accepte et je cherche à engager la conversation avec le plus agé des enfants que je trouvais  très sérieux et renfermé. Visiblement, il ne comprend pas l'angais, alors je sors les seuls deux mots que je connais en arabe: shokran et barrac Halla uffik (?). Toujours pas de réaction. Alors, prise de doutes, je m'adresse a sa mère: "d'ou' venez-vous?" "Pakistan" "Ah, mais alors vous parlez urdu (?)" Grand sourire de la jeune femme "Vous connaissez?" "Non, mais je sais que c'est votre langue". Elle s'adresse alors au fils "Tu peux lui parler, elle est ton amie".

 

 











LC : Un nom ?

Ewa Burman Di Bernardo :
Diallo, juste après mon arrivée  à New York http://fr.wikipedia.org/wiki/Amadou_Diallo





  

 






L.C :
Un souvenir ?

Ewa Burman Di Bernardo : L’heure de pointe, je m'arrête au croisement de 2 couloirs de métro en cherchant ma direction. A ma droite arrive en courrant un monsieur  en costume et attaché case. Il freine sa course devant moi, en usant ses tallons comme dans un dessin anime': "Need any help?" "Uhm, yes, the E train" En indiquant du doigt "That way". Et il disparait, tjrs en courant: il manque seulement le petit nouage de poussière au sol…




 





 

L.C : Une odeur ?

Ewa Burman Di Bernardo : Port Authority, le point d’arrivée des bus venant de tout le pays, les Peter Pan qui chevauchent les Greyhound, les commuters quotidiens et les Desespere's d'un jour. Le seul endroit en tout NYC (et le plus inattendu) où les haut-parleurs déversent de la musique classique plutôt que du rock. Et là, dès l'ouverture des portes, une odeur intense et douceâtre de pop corn, cannelle, vanille et d’huile de friture. Absolument dégoûtant et j'en meurs de nostalgie !

 











L.C :
Une musique ?

 


Ewa Burman Di Bernardo :
Une ? Toutes! Il y en a partout, dans chaque lieu public, ascenseur, bar, où tu essayes désespéramment de passer une commande, sans avoir à la répéter 5 fois, dans chaque resto, tu finis pas renoncer à la conversation que tu avais engagée et tu te contentes de lire sur les lèvres et les corps, et puis dans les subways,  les vibrations de l'Ipod de ton voisin, les musiciens qui font la manche,…









Celle que je préfère? Quand celui qui marche derrière moi  vient juste de reprendre la chanson que je chantais. Ca marche toujours : chaque fois que je commence à chantonner, ca finit toujours en duo avec un inconnu, un sourire, mais sans un mot…




 







L.C : Un personnage ?

Ewa Burman Di Bernardo :
Paul Krugman. Quand j’étudiais à l'NYU, j'allais écouter ses conférences et j'aimais aussi le lire sur le NY Times : c'était l’une des rares voix qui s'élevaient contre Bush. On en parlait entre amis et on se sentait appartenir à une minorité américaine dérisoire.













L.C :
Une personne ?

Ewa Burman Di Bernardo :
Je ne peux pas choisir parmi les milliers de visages que j’ai croisés. Globalement, des gens qui ne placent pas la honte au même niveau que nous, qui courent des risques, qui se cassent et qui sont encore là, portant sur eux toutes les marques d'avoir vécu.

 







L.C :
Une boisson ?

Ewa Burman Di Bernardo : Margarita straith up, no salt : les premiers mot que j'ai appris.




 






L.C :
Un film ?

Ewa Burman Di Bernardo : Incontournable et attendu Manhattan de W. Allen

 








L.C :Un livre ?

Ewa Burman Di Bernardo :
La Trilogie new-yorkaise, de Paul Auster et pas juste a cause du titre. Il y énormément dans la Trilogie de la NY que j'ai connu.

 








July 2005 Chelsea Art Museum; New York glittering shards

http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=77914497123&ref=ts

ewabdb@gmail.com

 

 

 

 

Par Lili Castille
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Dimanche 8 mars 2009


 








LC : Hi Alexander ! Just let me tell you that I LOVE your work !


 





I’ve been really impressed by your amazing creativity, your magnificent and powerful colors and the energy of your painting. I discovered you as a prolific artist, influenced by the Expressionism. Some of your art is very close make me think at Basquiat.



 




Ethnical, African, Latin American, Maya, Australian… your universe and personages seem to be a memory of the multicultural human being and an illustration of mixed cultures and as the same time a very spiritual evocation of the creation and the universe. You could have paint the cover of Totem und Tabu (Sigmund Freud) and your sublimate part of the inconcient would have be perfect !




 

I’m very excited to know you a little better. Who are you, Alexander?




 

ALEXANDER INNES :  I recently turned  40 and I would say that that question confuses me as much now as it did when I was 20. Only now I know that I am a painter, an Artist. . . I draw and paint each day. That is what I do. As to who I am. . . Well, I am man who has a passion for colour. A passion for what colour and form can bring into being. As to me. . . my character. . . Well, I think if I went any further down that road I might feel like I was giving my own eulogy. I would prefer not to have a eulogy just yet. Especially as I feel that I have only just got a partial grip on living.





LC : Let’s start with a association game : I am going to give you a word, and I would like you to fallow without thinking too with  words that instinctively come up to your mind. Each world need to be the beginning of a new association.







What if I say :
ORIGINS

AFRICA

SUN

 





ALEXANDER INNE
S :  Anu, Venus, Drum, Beat, Heart, Mankind, Soul, Ra, Ray, Horns, Creation,
Mountains, Moon, Elements, Free, Present, Past, Metu, Unknown, Universe.






 

LC : Anu le god or the writer ? And what is Metu, an ethiopian land ?






ALEXANDER INNES : The Anu are an old African People and the first inhabitants and builders of what is commonly called Ancient Egyptian Civilisation. I use to read avidly about history and particualarly ancient cultures when I first began to paint. Around that time I read a book called "Metu Neter". It was as rare as hens teeth to find and I still have it. So though Metu is indeed a place in Ethiopia. Here I was thinking of its use in ancient African language. Metu literally translated in English means. . . word








LC : When I look at your work I feel like in going deeply in the origins of the civilization. You shape with a very contemporary eye some strong ethnical references. Your creations are for me like an aesthetic trip all around the world ! How can you explain this feeling I have?















 ALEXANDER  INNES :  I am glad that You feel this. . . glad that it makes You have a feeling too. I wouldn't wish to explain your feeling. However I can say that as a human being other human beings interest me. . . both ancient and modern. What we have done and do and how we do it. We can see and be informed by all that has gone before us. Informed too by what we are living in
 the here and now. Its a beautiful, ridiculous, astonishing, mundane, glorious and murderous existence. . . how we are here at all makes me smile broadly.







I would say that the experience of travel is essential for me. To experience other cultures is not just enlightening but for me makes me feel childlike because I am at the mercy of others and their kindness. Feeling like this tends to open my eyes up to all that is around me. I feel like all the grey cells are fizzing and the receptors crackling. This is a good state to be in. We should always be open to new possibilities and the possibility of being proved wrong.
When you are fumbling around in the dark the light can be the brightest. . . and the most illuminating.






With all this in mind. When I paint its my intention to try and lose myself in that dark nook between the ancient and modern, the beautiful and the ridiculous, this planet and the infinite number of universes that surround us. A continuous unbroken thread stretching back and forth across us. . . at the same time remembering that it is only marks on a canvas. . . my marks. . . and that is all I can do to the best of my ability.









  LC : Really fascinating… How did you get into painting or
  how did painting get into you ?






 ALEXANDER INNES : One day when I think I was around18 I felt the urge to put paint onto canvas. I could not explain it with any real sense at the time. I had not been to see an exhibition and had no real interest in Art. I feel now that some creative demons. . . or angels. . . may have been lurking away inside. When that is the case I think a person has little choice in the matter. . . they will need to get creative in some form or another. If they do not get busy on the creative front then it may just turn around and bite them. . . or worse still just nibble away and fester at their insides. Too much festering is a very bad thing. . . believe me.








LC : What are your upcoming projects?

ALEXANDER INNES :   :  My upcoming project remains the same as it ever was. To paint a picture that I am truly happy with. This is ofcourse an impossibility.. Its the nature of the beast that You can never be truly happy with what you create. . . whatever your process or medium. If that were the case you may not drag your bones out of bed each morning to start afresh. And for me this is the best part of painting. Everything can start anew. . . each day presents a world of possibilities. A blank canvas is a beautiful thing. The hours and days ahead may not be so beautiful. . . but the end result has the possibility of being.








 LC : Another association game, starting this time
from colors:

Red
Yellow
Green


ALEXANDER INNES :  Paint, Passion, Uplifting, Spring, Hope, Visions, Bananas, Tea, Brush, Pencil, Soaring, Gliding, Music, Notes, Happiness, Light, Radiant, Rhythm, Echo, Spirit.








LC : Alexander, which visual artists have shaped your glance?







ALEXANDER INNES  :  Like music there are many Artists that bring joy into my Life. . . far too many too mention here. There is one that I feel has had the biggest impact on me and that is Paul Klee. When I was a young man. . . younger man. . . I found a small book of His in a charity shop. Though small the book was packed with hundreds of images of His work. What I adored was the fact that He did not seem to be constricted by form or colour. He appeared to master them all without limit and in abundance. I think this has been a lesson I have only recently fully learned. Whatever you do make sure that you never feel limited by your own and others preconceptions of yourself. Always be open to investigate and explore new directions.





Other Artists who have had a profound effect on me would be the likes of Robert Rauschenburg, Cy Twombly, Francis Bacon, Karel Appel, Jean Michel Basquiat, Howard Hodgkin, Peter Blake and David Hockney.


LC : Basquiat is very present on your work...










LC : Tell me Alexander, who is god ?

ALEXANDER INNES :  God is who or whatever You wish it to be. . . even if that is nothing. As even in nothing there is something. Personally my beliefs are aligned with no particular faith that believes or disbelieves in a God. I feel far too unassured about the nature of our existence. I would say that I do not believe in any faith that separates people from reason. . . just as I do not believe in any reason that separates people from their very being. That should be as clear as a muddy pool of water. . . just as I like it.













 LC : What is the most important G point in your life ?

 ALEXANDER INNES :   :  G point. . . ?!  I can't remember the
 last time I found a G point. However if we are talking the most  important thing in my life right now. Then the capacity to make a  mark, somehow. . . with something. . . somewhere. This
 makes me feel alive. By the way if You know where to find a G
 point You must let me know... poste haste.

















LC : If you would have to die within 3 minutes, what would be your last word to posterity?

ALEXANDER INNES  :  If I leave anything for posterity let it be a smile on my face.



















  LC : Thank you Alexander for your spontaneity and all you gave to us, so please never change !


 ALEXANDER INNES : Well, its been a happy experience to be interviewed by You Lili. . . maybe we will do another one someday when fame beckons at your door. . . maybe even mine. ... hahaha.











 

 
http://www.alexanderinnes.co.uk

http://www.myspace.com/laroute27  

http://alexanderinnes.imagekind.com

http://flickr.com/people/alexanderinnes






Par Lili Castille
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Lundi 2 mars 2009


 




 





LC : Tommy, you are a protean artist, filmmaker, actor, cabaret performer, jet setter, photographer, a weird artistic animal… Let’s see if we can learn a little bit more about you with few questions...

Ready for the association game ? I am going to give you a word, and I would like you to fallow without thinking too much (It's as much important as a preliminary…) with other words that instinctively come up to your mind. What if I say "NY" ?





 



TOMMY DOLLAR : CITY OF DREAMS , COUNTRY OF FREEDOM, STATUE OF LIBERTY, NIGHTLIFE, ART, JAZZ, FANTASTIC FOOD AND OVERSIZED DRINKS, NY IS EASY TO HAVE FUN IN, AND  HARD TO SURVIVE IN.


LC : Sex

TOMMY DOLLAR : MY WIFE !  RELAXATION, ADVENTURE, FULFILLMENT, WARM SENSUAL TOUCH, HUMOR, FULLY FASHIONED STOCKINGS, HIGH HEELS, S&M, PAIN AND PLEASURE, ALL IN A LETHAL COCKTAIL.

LC : Mmm… I can see that !

Rock'n Roll :

TOMMY DOLLAR : ELVIS, HENDRIX, DOORS, SEX PISTOLS, SEX AND DRUGS OR THE OTHER WAY AROUND.

LC : Tommy, who are you today and where are you coming from ?

TOMMY DOLLAR : IM AN ARTIST IN MY PRIME OF LIFE, LEBENS KUNSTLER,  FETISH PHOTOGRAPHER, PROVOCATIVE ACTOR  HUMOROUS FILMMAKER,  PASSIONATE POET, VINTAGE  JAZZ SINGER,  KAMIKAZE PAINTER AND 50% OF D&D PRODUCTIONS, THE OTHER 50 IS AGNIESZKA DELLFINA MY WIFE AND COLLABORATOR AND PARTNER IN ALL CRIMES.
.






LC : You are an arty fucking talented chameleon. As a kid, did you use to wear your mother’s clothes ?

TOMMY DOLLAR : NO, THEY WHERE TOO BIG, BUT I ALWAYS WANTED TO BE A WOMEN, DRESS SEXY, WEAR MAKE UP, HIGH HEELS, JEWELS ETC. WOMEN HAVE SO MUCH MORE POSSIBILITY TO HAVE FUN AND BE SEDUCTIVE. I LOVE THE WAY MY WIFE AGNIESZKA IS PLAYING OUT HER FEMININITY AND IT MAKES ME JEALOUS.

LC : Tell me about your name...

TOMMY DOLLAR : I CAME TO NY TO EXHIBIT MY SILK SCREENS DONE IN THE WARHOL TECHNIQUE AND I MEET ANDY AND WE STARTED TO GO OUT . I WAS IMPRESSED BY EVERYTHING BIG , BEAUTIFUL AND EXPENSIVE. I SAID TO ANDY, WOW!  LOOK AT THAT!  THAT MUST BE EXPENSIVE! SO AFTER A WHILE HE STARTED TO CALL ME TOMMY DOLLAR INSTEAD OF MY NAME THOMAS (TOMMY) DELLERT IN THOSE DAYS. SO TODAY AS A CABARET PERFORMER I’M STILL TOMMY DOLLAR. THE NAME  THOUGH DOES NOT PROMISE ANY INCOMES ;)

LC : Tel me Tommy, how did you meet Andy Warhol ?

1976 IN STOCKHOLM THE FIRST TIME AND THAN IN NEW YORK IN THE 80'S LAST TIME AT LE PALACE IN PARIS.

 

 

 




LC : Le Palace ! Awesome ! What a wonderful universe ! I've been there on the 80 too but I was 13 years old overdressed and with a thick dose of make up ! A kind of camouflage too !...
What the hell have you done together, Andy and you ? Let me dream a little bit...

TOMMY DOLLAR : I SHOWED HIM MY CAMOUFLAGE SILK SCREENS PROUDLY, HE DID NOT SAY MUCH, TWO YEARS LATER HE DID HIS VERSIONS ON PRACTICALLY THE SAME IDEA.
.
 
LC : You can consider he stole you work or that you inspired the huge Andy Warhol... It's up to you.

TOMMY DOLLAR : BAD ARTIST COPY REAL ARTISTS STEAL... UNTIL THEY END UP "FRAMED".





LC : Andy Warhol was a bitch or a virgin ?

TOMMY DOLLAR :  BOTH,  WE CALLED HIM "DRELLA" BECAUSE HE WAS DRACULA DURING THE DAY SUCKING OUT ALL OUR BLOOD AND STEELING OUR IDEAS AND HE WAS CINDERELLA AT NIGHT, ALWAYS GOING HOME AT MIDNIGHT.
WE WENT OUT TO MR CHOW AND HAD DINNER WITH A NEW UPCOMING BLACK ARTIST JEAN MICHEL BASQUIAT. HE CAME TO MY OPENING AT LUCKY STRIKE GALLERY OFF ST MARKS PLACE.
MY CANVASES WERE STRETCHED WITH ROPES IN BIGGER WOOD FRAMES. HE LOOKED CLOSELY ON THEM FOR A WHILE. NEXT WEEK HE ALREADY STARTED TO COPY THEM.
HE’S NOW REMEMBERED FOR  HIS VERY PERSONAL STYLE OF TRIBAL ART OF COURSE, BUT ALSO FOR HIS FRAMES WITH STRETCHED ROPES...







LC : Tommy, what's UTOPIA ?

TOMMY DOLLAR : IT’S MY AGNESZKA’S HEMISPHERE, OUR DREAM LAND, OUR SELF CREATED PARADISE HERE ON EARTH. IT’S WHERE WE CAN CREATE ANYTHING POSSIBLE AND IMPOSSIBLE. THE KINGDOM OF UTOPIA THE MAKE-BELIEVE COUNTRY OF TOTAL FREEDOM. THE ABSOLUTE. IT’S WHERE WE ARE KING AND QUEEN.







LC : And now, what are your upcoming projects?

TOMMY DOLLAR : ONE DUBBLE CD WITH 60’S JAZZ WITH ME AS SINGER, ONE NEW RECORD WITH BAMBI AND ME AS DEJAVU, WHERE WE SING OUR ENGLISH VERSIONS OF THE CLASSICS OF SERGE GAINSBOURG AND MANY NEW ARTWORKS.






 
LC : Wonderful ! I'll follow you closely !

Tommy, what is the most important G point in your life ?

TOMMY DOLLAR : MY WIFE AGNIESZKA DELLFINA AKA BAMBI DE SADE AND TO WORK WITH HER IN ALL OUR MUTUAL PROJECTS.
 
LC : I see what you mean. She's hot !

TOMMY DOLLAR : SHE IS MORE THAN HOT SHE IS BURNING. BURNING HER IMAGE INTO THE RETINA OF EVERY ONE THAT WATCHES HER. YOU BETTER BELIEVE ME !


LC : I do...
Last but not least, if you would have to die within 3 minutes, what would be your last word to posterity ?

TOMMY DOLLAR : STILL HUNGRY STILL HORNY STILL SEARCHING !

LC : Trash and tragic ! I love it !







LC : Thank you Tommy for sharing a part of your universe...







SMART LINKS :

Tommy is exhibiting at the moment in Miami together with David LaChapelle :
  
http://www.valerericartgallery.com/artist_delfina.html


http://video.google.com/videoplay?docid=6677587285161795733

http://www.youtube.com/results?search_type=&search_query=dellacroix+dellfina&aq=f

www.bettiepage.com
 / MODEL SPOTLIGHT/ ARTIST SPOTLIGHT

www.DellacroixDelfina-StudioUtopia.com








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Par Lili Castille
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Vendredi 13 février 2009

 







LC : Hello Brian,

I've met you thanks to the network website I've already mentioned in this blog earlier and I have to say that your work had impressed me a lot.  I absolutely love your very protean work. Your artistic universe is at the same time graphic and organic, dreamlike, smooth, powerfull, sinuous, sharp, immensely poetic, feminine and tragic, mineral, sensual, and deadly captivating… It has touched me a lot and each of your creations are a little mystery that ask me questions…So I had to learn more about you ! Who are you Brian ?



In order to heat up a bit, we are going to start with a association game : I am going to give you a word, and I would like you to fallow without thinking too much (It's as much important as a preliminary…) with  twenty other words that instinctively come up to your mind. Each world need to be the beginning of a new association. If you have oblivion, just give me a word, it's usually the most telltale…



 




Ready? If I say :”night”…

 

Brian DeMint : Night, Dark, Prey, Faint, Light, Bright, Shinning, Godlike, Holy, Trinity, Iconic, Byzantine, Gilt, Artwork, Painting, Brushstroke, Emotion, Sadness, Tears, Falling

Plunging, Deep, Mire, …

 

LC : Waw ! I like the way your mind chooses the spiritual and metaphysical way to resolve the deep darkness (and all the significations that it can have for all of us) and how you connect it with the artistic expression as only possible response of  humankind… then at the end, the irresolute human condition tries to get over it…but you all ready gave us the solution !

 

Brian DeMint : It's interesting that you use the term "metaphysical" because my favorite quote is from Ernest Holmes the author of The Science of Mind…  "All limitations are self imposed."  





 


LC : Brian, what makes you get up in the morning?

 

Brian DeMint : Well, I guess I'm still sorting that out… I would love to say that it's for the love of life and wanting to be productive but productivity comes at a cost, at least in my photography. I see my physical and mental health suffering because of my obsession with creating imagery that I don't exercise, sleep well or eat proper and do the things I need to do to offset the awful habits I've developed because of time constraints. It's definitely aging me… An inverse Dorian Grey, as it were.





 

LC : How did you get into photography?

 

Brian DeMint : It would be much more cool say that the Virgin Mary appeared to me in a dream and handed me a camera or something equally stupefying and majestic but in actuality I was retouching images for a modeling agency a little over 4 years ago and they set up my first shoot, loved it, incredibly talented wife took up makeup and hair for me, found a couple models who greatly inspired me (Emma and Sindel), devoted my all to it…

 

LC : Well, actually I prefer this version than the Virgin Mary one, sorry for Mary and for all the virgins (and all the women who are the way she was…)



 



 


LC : What are your upcoming projects?

Brian DeMint :
I really never know where I'm headed with the work… I turn down nearly all commercial projects because I hate the parameters and constraints of being locked in to the ideas of others… I like the fact that I can take a concept and let it develop and evolve into whatever comes consciously in decision making or subconsciously by throwing things together and seeing what happens… I do think future work is going to run more abstract as I am fascinated with colors and movement and to a lesser degree texture and form…

 



 

LC : Right Brian, now excuse me for this boring question : here do the ideas come from?

 

Brian DeMint : This is something that I get asked a lot. Recently, I received an email asking if I, "…took drugs to come up with ideas…" which I found hilarious…

 

LC : Isn't life the best narcotic ever ?






 

Salvador Dali was asked the same question once and his reply was: "I am the drug! Take me!"  how clever is that?!… Actually I'm influenced by everything I take in both culturally as in cinema and classic art, the real and the fantastical, everyday life, the news, etc… and filtered through my own ideas about what is visually appealing. Many shoots are inspired by the models when I see them in person… as one male model came into the studio I was like "dude you look like a serial killer! I've got an idea!"

Some of the other serious themes as the self mutilation series and abuse sets have been the results of seeing the results of these social issues on models when they come to shoot… I've seen a lot of scars, inside and out… any image of mine where the model is crying, it is not acting… many models have chosen the studio as a place to confront their demons… However, the base and grounding point for me is always fashion, be they covered in blood or tears or sticks and dirt, or whatever, the women are still beautiful and the men are handsome.








 

LC : All your work is full of this esthetical love or this lovely esthetic of the humankind. But more than women and men, I will talk about your "characters" because I find your work very theatrical almost baroque some time. I also really appreciate your using of masks, the way the ancient Venetians used to do during their Carnival, the place of all the extreme expressions.










Green : Envy Pain Searing Scorching
Scarring Oven Natalie Reluctance Defying

Death Bergman Chess Soldier Defender

Faith Love Charity Hope Failing











    Yellow : Cowardice Four feathers    
    Movie
Kieslowski Trilogy Bergman

     Elephant man Disfigured Grotesque

     Fleeing Safety Paradise Sanctuary
     Loved Heartful Mourning Loveless

     Barren Desert Humid Sweat

     Embarrassment

 








Red :
Kieslowski The silence Dreary Raining Loneliness Eyesore Disfigured Maimed Heartless

Feeling Thoughtful Caring Soldier Dying
 Purgatory Dante Sins










 





  Black  : Night Veil Covering Hidden
  
   Concealed Faithless Mourning

   Weeping Tears Salty Sea

   Suffocating








 

 




Gold : Gilt Painting Abstract Emotion

Trembling Fear Embarrassment Red

Fury Headstrong Weakness Emotion

Depth Despair Dirk Bogarde

Victim Homosexual Persecution
Joan of Arc Flames Witness










LC
: Absolutly fascinating ! Very intresting...
Brain, let-s go back to your work. Which visual artists have shaped your woman glance?

 

Brian DeMint : This is something that keeps evolving as I do more study into my artform… originally I would say it was painters such as John Singer Sergeant and the romantic elegance of the Pre-Raphaelite Brotherhood… now it's more influenced by fashion designers such as John Galliano, Alexander McQueen, Christian Lacroix and Vogue photographers Paolo Roversi, Miles Aldridge… all who create heartbreaking beautiful and astonishing results…





 




LC : What is the most important G point in your life ?

 

Brian DeMint : I'd say "G" is for "grounding"… which would be my family… my wife and daughter who I love beyond all measure… no matter how depressed I can get my kid can always make me laugh… she's completely hilarious…

  

 




LC : If you would have to die within 3 minutes, what would be your last word to posterity?

 

Brian DeMint : I'd probably have to spend that time in prayer asking for some much needed mercy… instead of coming up with something witty to say… lol… but if pressed, I would say something like… love everyone who's around to be loved.

 
LC :  Thank you for the deepness of your answers. I've love sharing this special time with you.

Brian DeMint : Thank you Lili for your interest in the work and the opportunity to have this dialog with you… it is sincerely appreciated.

 

 




http://www.eyeworksphotography.com/portfolio/latest8/index.htm

http://www.facebook.com/home.php#/pages/Eyeworks-Photography/37210386145?ref=ts







Par Lili Castille
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