Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /2009 22:50









 

Le jugement est  tombé : la Cour européenne des Droits de l'Homme a condamné l'Italie pour la présence de crucifix dans les salles de classe de ses écoles publiques, « disposition jugée contraire au droit des parents d'éduquer leurs enfants selon leurs convictions et au droit des enfants à la liberté de religion. » (http://www.lemonde.fr/)



Pour qui ne le saurait pas encore, la laïcité, principe  français et européen, interdit tout signe religieux ostentatoire dans les lieux publics et notamment dans les écoles.



La France, donneuse de leçons devant l’Eternel, est-elle aussi irréprochable dans son rapport à la laïcité dans les écoles de nos doux chérubins ? Elle qui fustige le port du voile en cours de sport, interdit-elle le port de crucifix au cours d’instruction civique ?  



Non car les croix à la chaîne ne nuisent pas au bon déroulement de la classe. Biensûr.



Mais, plus structurellement et insidieusement, en termes de signification et de valeur inculquées l’air de rien à notre inconscient collectif, qu’il ya t-il-de plus ostentatoire qu’un jour férié ?


Le symbole est fort. Fête du travail,,fête nationale, le jour férié en France comme ailleurs marque un  recueillement individuel et collectif dans la célébration commune et un respect profond d’un moment à la fois historique et national déterminé par l’Etat.












Alors voulez-vous bien m’expliquer pourquoi plus de la moitié des vacances scolaires sont dictées par une temporalité catholique : la Toussaint, Pâques, Noël, la Pentecôte ? Plus encore qu’un ornement mural ou qu’un choix individuel de porter le voile, imposer à l’ensemble de la population et ce, par voie étatique, de célébrer des jours fériés religieux, n’est-il pas le plus puissant et le plus intrusif des signes religieux ostentatoires ?


Comment les non-catholiques vivent-il ce dictat absolu ? Comment le subissent-ils et l'expliquent-ils lorsque l'on leur rabache à longueur de campagne politique le principe de l'identité nationale laïque ?





 






Si seulement les autres religions des Français (et oui ! Les Français ont d'autres religions !) avaient un infime droit d'existance parmi ces jours de célébration forcée d'origine religieuse, comme le début ou la fin du Ramadan (rien d’hallucinant lorsque l’on sait que l’Islam est la deuxième religion en France !) ou le Kippour, la question se poserait en des termes bien différents.



Que nenni. La France est monothéiste.



La France est laïque mais a des célébrations collectives (ou vacances scolaires) non seulement religieuses mais de surcroît uniquement catholiques.



Alors nos amis Italiens, en s’accrochant comme ils peuvent à des crucifix qui ne sont plus aux yeux des élèves, d’après ce que je sais,  qu'un instrument géométrique servant à mesurer et comparer la taille des poitrines de leurs professeuses, nous mettent le doigt dans l’œil de notre hypocrite laïcité.


Je pose donc la question : si l’Italie est condamnée, pourquoi la France ne l’est-elle pas ?




Par Lili Castille - Publié dans : Lili s'insurge - Communauté : L'art et la manière
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés