Le
jugement est tombé : la Cour européenne des Droits de l'Homme a condamné
l'Italie pour la présence de crucifix dans les salles de classe de ses écoles publiques, « disposition jugée contraire au droit des parents d'éduquer leurs enfants selon leurs
convictions et au droit des enfants à la liberté de religion. » (http://www.lemonde.fr/)
Pour qui ne le saurait pas encore, la laïcité, principe français et européen, interdit tout signe religieux ostentatoire dans
les lieux publics et notamment dans les écoles.
La France, donneuse de leçons devant l’Eternel, est-elle aussi irréprochable dans son rapport à la laïcité dans les écoles de nos doux
chérubins ? Elle qui fustige le port du voile en cours de sport, interdit-elle le port de crucifix au cours d’instruction civique ?
Non car les croix à la chaîne ne nuisent pas au bon déroulement de la classe. Biensûr.
Mais, plus structurellement et insidieusement, en termes de signification et de valeur inculquées l’air de rien à notre inconscient collectif, qu’il ya t-il-de plus ostentatoire qu’un jour
férié ?
Le symbole est fort. Fête du travail,,fête nationale, le jour férié en France comme ailleurs marque un recueillement individuel et collectif dans la
célébration commune et un respect profond d’un moment à la fois historique et national déterminé par l’Etat.
Alors voulez-vous bien m’expliquer pourquoi plus de la moitié des vacances
scolaires sont dictées par une temporalité catholique : la Toussaint, Pâques, Noël, la Pentecôte ? Plus encore qu’un ornement mural ou qu’un choix individuel de porter le voile, imposer
à l’ensemble de la population et ce, par voie étatique, de célébrer des jours fériés religieux, n’est-il pas le plus puissant et le plus intrusif des signes religieux
ostentatoires ?
Comment les non-catholiques vivent-il ce dictat absolu ? Comment le subissent-ils et l'expliquent-ils lorsque l'on leur rabache à longueur de campagne politique le principe de l'identité
nationale laïque ?